Analyse et recommandations

Types de réseaux

Caractéristiques des réseaux avec ou sans énergie

Caractéristiques des réseaux avec ou sans énergie

Les croisements nous confirment l’existence de deux grands types de réseaux (en dehors de 5 % de cas spécifiques) :

  • les réseaux avec pompage d’eau souterraine ou d’eau de surface qui se rémunèrent au volume ;
  • les réseaux gravitaires, gratuits ou au forfait majoritairement approvisionnés par de l’eau de source.

Il ne s’agit pas de comparer ces types entre eux (car ils continueront de coexister) mais d’y adapter les recommandations éventuelles.

Analyse des types

Les réseaux avec pompage représentent 30 % des réseaux autonomes et sont bien répartis dans les provinces hormis dans celles de l’est où les réseaux gravitaires sont majoritaire (les deux Kivu, l’Orientale). Les premiers sont des réseaux ayant 13 BF en moyenne tandis que les réseaux gravitaires ont une taille beaucoup plus importante. La moyenne s’établit à 24 BF fonctionnelles.

Les différences sont plus nettes sur les quantités produites. Les chiffres de production doivent être pris avec prudence car les réseaux sont rarement équipés de compteurs : seuls 14 % des réseaux gravitaires sont en mesure de connaître les quantités qu’ils produisent, contre plus de 80 % des réseaux avec énergie. Il semblerait malgré cela que les réseaux avec énergie produisent 110 m3 jour en moyenne quand les réseaux gravitaires en produisent 300, soit presque trois fois plus (ce qui ne veut pas dire que trois fois plus de volume est distribué !).

On constate également que si 83 % des réseaux avec énergie n’ont pas de branchements privés, à l’inverse 76 % des réseaux gravitaires déclarent en avoir. Les réseaux avec énergie sont en moyenne deux fois plus récents avec une ancienneté de 7 ans. Ils ont coûté sensiblement le même coût. Enfin, les réseaux avec pompage sont en moyenne plus sophistiqués et plus fonctionnels mais ont sensiblement les mêmes taux de recouvrement de leurs recettes.

Performances comparées

Performances comparées

Les modalités de gestion diffèrent marginalement : les réseaux de type gravitaire sont gérés plus souvent par des structures dites communautaires (86 % contre 70 %) mais moins souvent par un opérateur privé (5 % contre 13 %).

Sur les enjeux économiques les différences sont plus notables. Ainsi il n’existe quasiment pas de réseaux motorisé dont le mode de paiement est forfaitaire. Ils sont plus nombreux à rémunérer des personnes par l’argent du réseau (75 % contre 54 %) et que cette rémunération soit par un salaire fixe (25 % contre 7 %). Ils sont également plus nombreux à avoir un compte en banque (66 % contre 39 %).

Des réseaux qui génèrent du revenu

Nous faisons l’hypothèse que quel que soit le mode de paiement (forfait ou volume), ce sont les recettes qui impactent sur l’économie du réseau et ses performances. Il ne faut toutefois pas oublier que 73 % des réseaux restent des réseaux percevant moins de 300 USD par mois.

Afin de mieux évaluer si les recettes perçues sont un bon indicateur de performance, nous avons analysé les quartiles des recettes collectées en fonction du mode de paiement (forfait ou volume).

En USD/mois Tous Au forfait Au volume
1er quartile 7,25 42 340
2ème quartile (eq médiane) 68 80 1 620
3ème quartile 400 230 4 860
4ème quartile 18 360 3 000 18 360
Moyenne 836 242 3 106
Nb employés pour 1 000 habitants

Nombre d’employés pour 1 000 habitants selon les recettes générées

Le nombre d’employés pour 1 000 habitants baisse en fonction des recettes générées. Nous pouvons ainsi faire l’hypothèse que les réseaux sont plus efficients et la gestion plus professionnelle dans des réseaux qui génèrent suffisamment d’argent. Les réseaux plus performants sont également plus récents.

Ancienneté selon les recettes générées

Ancienneté selon les recettes générées

Par ailleurs, de manière générale sur les indicateurs de performances que nous avons calculés, il semblerait que les taux soient légèrement meilleurs selon les recettes générées (les taux de fonctionnalité passent de 77 à 98 %, les taux de recouvrement de 59 à 72 %).

Performances comparées selon les recettes générées

Performances comparées selon les recettes générées

Enfin, si on observe des moyennes de montant générées selon la taille des réseaux (en nombre de BF), nous n’observons pas de corrélation nette. Cependant, selon les types de paiement (volumes et forfait), la taille du réseau influe fortement sur les recettes.

Quelques recommandations

Afin de promouvoir des réseaux autonomes durables, professionnels et performants, quelques pistes peuvent être proposées :

  • Adopter une approche pragmatique, différenciée par province en s’appuyant sur l’existant
  • Encourager la planification à l’échelle de territoires homogènes
  • Rendre l’eau payante… mais pas forcément au volume
  • Améliorer le recouvrement
  • Sélectionner, responsabiliser et encadrer les fontainiers
  • Renforcer la redevabilité des réseaux et partager l’information auprès d’autres structures
  • Renforcer les compétences et encourager la mutualisation lorsque c’est possible

Pour télécharger le cahier et ses annexes concernant l’analyse des réseaux autonomes , veuillez cliquer sur le lien suivant: Cahier sur l’analyse des réseaux autonomes

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