Quelques orientations pour le développement des réseaux autonomes

Planification

Les réseaux autonomes sont une solution d’avenir pour l’accès à l’eau en RDC ; si l’étude réalisée permet de défricher la problématique, la mise en place d’une stratégie spécifique nécessitera de passer par une étape de planification.

La planification devrait être descendante et ascendante, descendant les échelles administratives pour les remonter. Si un premier exercice peut être fait par grandes masses à échelle provinciale, c’est à une échelle inférieure qu’il existe une vraie connaissance des réalités locales. Ces exercices de planification mériteraient de se dérouler à l’échelle des secteurs, chefferies ou communes – échelles retenues pour la maîtrise d’ouvrage du secteur – la planification étant utile pour initier ces autorités au rôle qui sera le leur.

Les réseaux autonomes se sont également développés en milieu périurbain. L’enjeu de la planification dans ce milieu est particulièrement important : faut-il privilégier l’extension d’un réseau ou la création d’un nouveau réseau ? Comment doivent se définir les périmètres Regideso et ceux des réseaux autonomes ? La réponse à ces questions et les éventuels arbitrages qui devront être rendus émergeront du processus de planification, à une échelle qui reste à définir (la commune, la ville ?).

Autorégulation

Compte tenu des faiblesses dont souffre le cadre institutionnel congolais, il apparait raisonnable de proposer la mise en place d’un dispositif souple dans une vision évolutive de la régulation.

Dans un premier temps, il s’agirait d’œuvrer au renforcement et à l’encadrement des logiques d’autorégulation en tenant compte des pratiques en vigueur. Cet objectif serait décliné en deux grands axes de travail : (i) le renforcement de la gouvernance interne et (ii) le déploiement d’un système de suivi et d’appui/conseil différencié selon le type de systèmes.

Les analyses précédentes ont mis en lumière la grande fragilité des schémas de gestion appliqués aux réseaux. Les faibles capacités des structures gestionnaires des réseaux renvoient, entre autres, aux logiques qui ont présidé à leur émergence. Les arrangements informels sont actuellement la norme, et ils le resteront pendant quelque temps faute d’encadrement institutionnel. Il convient de pallier ces conséquences en s’assurant que les « meilleures pratiques » sont connues et valorisées.

  • Documenter et diffuser les expériences les plus abouties en matière de gestion des réseaux autonomes
  • Instaurer un système souple de labellisation des opérateurs (comités, association d’usagers, etc.) au niveau des provinces
  • Préciser les critères et les modalités d’attribution des statuts d’association sans but lucratif dans le domaine de l’eau

De plus, tous les gestionnaires des services d’eau, qu’ils soient publics, communautaires ou privés, doivent pouvoir bénéficier d’appui/conseil pour se professionnaliser. Or, si la plupart obtiennent une assistance ponctuelle via les projets qui ont contribué à leur création, les appuis délivrés régulièrement après la mise en route des systèmes sont très rares. Un dispositif d’appui/conseil systématique permettant d’anticiper et de prévenir les problèmes est nettement plus efficace.

Dans un deuxième temps, il nous semble impératif d’introduire certains des outils propres à la régulation par contrat. L’objectif serait d’établir des relations plus formelles et plus encadrées entre les entités territoriales décentralisées et les opérateurs qui gèrent les services. Dans le même temps, un dispositif de benchmarking provincial pourrait être échafaudé. Enfin, à plus long terme, il s’agirait de mettre en place le schéma institutionnel de régulation proposé par les acteurs.

Pour télécharger le cahier concernant la régulation des réseaux autonomes, veuillez cliquer sur le lien suivant: Cahier sur la régulation des réseaux autonomes

Suivi

Tout mécanisme de régulation dans le domaine de l’eau potable, indépendamment des contextes d’application, repose sur des systèmes d’information plus ou moins élaborés. Afin d’assurer un suivi de qualité (contrôler la bonne application des règles, faire appliquer les règles, faire évoluer les règles, etc.), il est en effet nécessaire de produire de l’information à la fois pertinente, c’est-à-dire explicite et utile pour les personnes auxquelles elle est destinée, et régulièrement actualisée.

Compte tenu de ces facteurs (une base limitée sur laquelle construire, les flux institutionnels en RDC et le retour incertain des investisseurs potentiels), nous proposons que toute initiative pour l’amélioration ou le développement du suivi du secteur de l’eau soit basée sur des éléments simples. Les ambitions doivent être limitées et réalistes, et les méthodes devront être flexibles et faciles d’utilisation. En outre, compte tenu du cadre législatif faible et contexte réglementaire naissant, nous suggérons que toute initiative s’appuie sur les motivations internes au suivi plutôt que sur l’imposition externe. Cela est nécessaire pour améliorer la probabilité d’obtenir des informations fiables dans tout système de suivi mis en place.

Des expériences conjuguant Suivi et Appui/Conseil (SAC) sont à l’œuvre depuis quelques années en RDC. Parmi celles-ci, les dispositifs SAC externalisés à des associations qui ne sont pas impliquées dans la gestion au quotidien des services, soit des ONG locales telles que l’Adir et le CAB, soit des ONG internationales, semblent prometteuses. Nous suggérons d’approfondir ces expériences pour amorcer l’harmonisation du suivi.

Pour télécharger le cahier concernant les pratiques de suivi et recommandations (pour les réseaux autonomes ainsi que les bornes fontaines Regideso), veuillez cliquer sur le lien suivant: Cahier sur le suivi

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Une réflexion sur “Quelques orientations pour le développement des réseaux autonomes

  1. je pense que parmis les plus grands defit à relever pour ce qui concerne la gestion des ASUREP Sont de cet ordre:
    resorber la mauvaise gouvernance dans le chef des gestionnaires tant publiques que privés;;
    le probleme de regulation;
    ceux de renforcement des capacité en gestipn des systèmes d’eau, la maintenance et le suivi evaluation
    la gestion par les mandatés de la population se maillotte au sommet du fait que, ces derniers, une fois au sommet sentent qu’ils sont des intouchables; comme consequence sans compt à rendre..
    A mon avis l’impunité et l’insecurité multiforme sont à la base de tout ça.
    Albin des Anges

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